ÉDITIONS UMUSOZO

CONCLUSION

Voici quelques points qui serviraient à la fois de conclusion et de point de départ pour enrichir le débat :

1. Lors de l'attaque à mains armées dont j'ai été victime à mon domicile le 04 décembre 2014, le chef du commando m'a dit : « Vous pouvez aller vous plaindre partout où vous voulez, chez le président de la République par exemple, ou bien n'importe où et auprès de n'importe quelle personne de votre choix partout dans le monde ».

Pour cela, comme certains Français sont au-dessus de toute Justice humaine lorsqu'il s'agit de commettre des crimes contre les Rwandais, j'ai décidé d'adresser ma plainte à l'Histoire : cet ouvrage constitue ma plainte auprès de l'Histoire. Car :

A tous ceux qui sont au-dessus de la Justice humaine, seul le Jugement de l'Histoire est applicable.

2. Par ses attaques multiformes contre ma personne pour me faire taire au moyen de la violence, la France a apposé sa signature sur les différents éléments de preuves que j'ai rassemblés au sujet de la survenue du génocide au Rwanda : depuis ma thèse de Doctorat jusqu'à ce jour. Car, un État ne peut pas mobiliser toutes ses ressources pour me faire taire, par tous les moyens, sans se reprocher de quelque chose.

3. Du point de vue historique, nous avons fait un pas décisif qui permet de comprendre la chronologie et la nature des événements qui ont déclenché le génocide au Rwanda en 1994. Le débat est ouvert, tous ceux qui sont intéressés par l'histoire du Rwanda pourraient y apporter leur contribution.

4. Du point de vue psychopathologique, l'extrait du texte de R. Kaës que nous avons déjà cité résume parfaitement la problématique qui fait l'objet de notre discussion :

« De même que la stratégie du pouvoir dans les situations de catastrophe sociale vise à réprimer toute manifestation de la réalité psychique, à la détruire ou à la pervertir, de même elle vise à substituer à la mémoire collective des énoncés sur l'histoire qui soient capables de la légitimer. Elle impose par la force un contrat narcissique pervers et déplace à son profit, sur sa seule violence, l'enjeu de pacte dénégatif »32.

5. Je me permets d'adresser un message particulier aux Rwandais : si vous avez des informations précieuses concernant ce qui s'est passé au Rwanda en 1994, ne risquez pas votre vie en cherchant à « témoigner » auprès de tel ou tel tribunal. Pour certains cas précis, uregwa ni we muregera !


32 KAËS R., texte : « Ruptures catastrophiques et travail de la mémoire », in PUGET J. et all., Violence d'État et psychanalyse, op. cit., ibid.

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Déogratias SEBUNUMA : Psychologue clinicien - Auteur


Titulaire du Doctorat de "Recherche en psychopathologie fondamentale et psychanalyse".

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Psychopathologie Descriptive II : essais sur les génocides sociocides


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Le jugement de l'histoire : effets du néocolonialisme multinational au Rwanda


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Rwanda : crise identitaire et violence collective


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La compulsion de répétition dans les violences collectives


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La compulsion de répétition dans les violences collectives


Cet ouvrage est disponible auprès de l'Atelier National de Reproduction des Thèses (ANRT) - Lille 3, France.

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Rwanda : crise identitaire et violence collective


Cet ouvrage est désormais édité par les EDITIONS UMUSOZO.