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III. Le temps des sacrifices
Extrait du roman « Le monde s'effondre » ... [p. 107 – 109]
1. Massacres et rituels sacrificiels au Rwanda avant 1990
- Le sacrifice de Rucunshu en 1896 pour le pouvoir et les violences identitaires contre l'administration coloniale allemande ; l'humiliation du Roi Musinga par l'administration coloniale belge en 1931
- Le sacrifice de 1959 : la chute de la monarchie
2. Les sacrifices liés au génocide de 1994 au Rwanda
- Une partie de poker ! [p. 114]
- Massacres contre les communautés Tutsi au début de la guerre civile en 1990 [p. 115 ss]
- La propagande criminelle
- Attitudes sacrificielles chez certains Tutsi et chez certains Hutu [p. 119 – 120]
3. Le génocide et la chute de Kigali en 1994
- Déroulement du génocide : cf. HRW « Aucun témoin ne doit survivre – Le génocide au Rwanda de 1994 »
- La chute de Kigali : Comment expliquer la fuite massive vers l'étranger ? [p. 122 – 125]
4. La guerre des symboles : Le Kalinga ou la Croix [p. 127]
5. Mythes et syncrétisme idéologique : le contexte régional [p. 129 - 132]
IV. Crimes sexuels et problématiques de genre [p. 133]
1. Le sexe appât
- du proxénétisme idéologique
- conséquences collectives
2. Hommes et femmes : acteurs et victimes des violences collectives
- Le viol comme arme de guerre
- Extermination systématique des hommes dans les conflits armés / actes de harcèlement pour forcer les hommes instruits à s'exiler
3. Les crimes sexuels génocidaires au Rwanda
- Le viol génocidaire - conceptions traditionnelles de la virginité féminine
- L'affaire Kalinga et le viol des femmes : angoisse collective de castration selon les représentations magico-politiques [p. 140 – 142]
- Gutaha Intsinzi ou le « repos du guerrier » [p. 148]
- Les différentes responsabilités historiques
3ème partie
RÉFLEXION DE SYNTHÈSE
I. Vous imaginez-vous le Rwanda sans le roi ?
1. Le faux-self comme symptôme des failles narcissiques [p. 152 – 155]
Référence faite au texte de D. Winnicott « L’agressivité et ses rapports avec le développement affectif »,54 l’une des hypothèses formulées par l’auteur sur l’étiologie des comportements agressifs – qui seraient liés au développement narcissique primaire suite aux influences de l’environnement - concerne « les premières racines de l’agressivité. » A travers l’exposé de ses observations, D. Winnicott présente une situation clinique extrême dans laquelle, pour le sujet, « (…) il ne reste pas de lieu de repos pour une expérience individuelle et qu’en conséquence l’état narcissique primaire possible n’évolue pas vers une individualité. L’ « individu » se développe alors comme une extension de l’écorce plutôt que du noyau, comme une extension de l’environnement envahissant. Ce qui reste du noyau est dissimulé et ne se retrouve qu’avec difficulté, même dans l’analyse la plus poussée. L’individu n’existe alors que grâce au fait de ne pas être deviné. Le self authentique est caché et, du point de vue clinique, nous nous trouvons en face du faux self complexe dont la fonction est de maintenir caché le vrai. Le faux self peut être bien adapté à la société, mais l’absence du vrai self est la source d’une instabilité qui devient d’autant plus évidente que la société est amenée à penser que le faux self est le vrai. »55 Cette observation amène à se demander si le profil de certains « chefs-nés » tant habiles, dans l’histoire de certains pays où les violences collectives sont récurrentes, ne serait pas lié à cette hyper adaptabilité narcissique pour contrôler à tout prix un environnement perçu comme étant hostile :
Quoique notre sujet concerne les violences collectives à première vue, nous nous intéressons - de manière indirecte mais concrète - aux problématiques de la psychopathologie individuelle. En effet, à travers la foule, c’est le sujet en tant qu’individu qui fait l’objet de notre étude. Sur ce point, rappelons l'observation d'un historien belge sur le cas des « chefs-nés » au Rwanda, en 1940 : « (…) Représenter, faire belle et noble figure à travers tout, voilà la grande affaire pour ces aristocrates (…). Il est vrai que le mensonge cesse d’être une tromperie dans la mesure où il est admis par la convention sociale. Il devient un jeu, comme le poker, un exercice, une virtuosité esthétique (…) »56 Citant un autre auteur, Chalux, P. Dresse ajoute : « (…) le mensonge, ici, n’est pas considéré comme une faute, mais comme une habileté. C’est un don ! » Mais, c’est sans doute le premier Résident allemand au Rwanda, R. Kandt, qui fut le premier à décrire le statut du mensonge au sein du pouvoir au Rwanda et son influence sur le comportement social : « (...) le mensonge n’offense point les conceptions morales (...). Leur mensonge est l’inconsciente transposition de ce charmant et – chez un peuple nègre – surprenant jeu de devinette, par lequel, enfants, ils avaient soin déjà d’animer leur sociabilité. »57 P. Dresse conclut : « Toutefois, l’art de tromper n’est pas chose purement verbal. Le visage, le geste, la contenance entière doivent seconder le bel artifice du discours. C’est pourquoi les Batutsi [les chefs] sont de maîtres comédiens, habiles à se composer la physionomie de circonstance, et cela instantanément… »58 Le même auteur nous offre une remarquable vignette clinique :
« Morigéné par l’administrateur belge, un imfura (ou grand de ce pays) s’était abandonné jusqu’à pleurer devant lui comme un enfant. Au moment de quitter le lieu de son humiliation, il aperçoit des congénères groupés aux abords du bureau fatal. Aussitôt son visage se raffermit, reprend sa joie avec sa couleur ; épanoui de satisfaction, il salue d’un large sourire ceux qui, pour rien du monde, ne doivent soupçonner sa mésaventure. »59
2. Le désir de vengeance
II. Double nature et polysémie du mythe [p. 157]
1. Double nature du mythe : d'origine éthérée selon la croyance collective, le discours du mythe est transcendant. Cependant, en tant que « parole d'homme » à l'origine, le mythe peut se rapprocher du délire ! D'où la nécessité de confronter le mythe à d'autres sources de la connaissance, en particulier l'histoire, pour éviter les erreurs d'interprétation.
2. La polysémie du mythe : message à transmettre ; le messager lui-même. Le mythe se construit autour de quatre éléments : une source transcendantale, le message à transmettre, le messager, le peuple destinataire du message. In fine, les quatre éléments se résume dans la personne du messager -prophète, le meneur ou le héros : celui-ci est vénéré comme la divinité qu'il est sensé représenter, sa parole devient auto-suffisante et remplace le message mythique d'origine, il devient l'idole et sujet « archétype » du peuple ! Pour cela, s'en prendre au « chef » c'est s'en prendre à l'être suprême en qui tout le peuple doit l'existence !
3. Du choc des cultures à la fausse monnaie identitaire
Hutu et Tutsi : vraies ethnies au Rwanda ou « fausse monnaie » coloniale ?
54WINNICOTT D., (1950 – 1955), texte « L’agressivité et ses rapports avec le développement affectif », in De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1969, pp. 150 - 168.
55Ibid., pp. 160 - 161.
56DRESSE P., Le Ruanda d’aujourd’hui, o.c., pp. 31 -33.
57KANDT R., in DRESSE P., Le Ruanda d’aujourd’hui, o.c., Ibid. (voir aussi KANDT R., Caput Nili, Berlin, Dietrich Reimer, 1921).
58DRESSE P., Le Ruanda d’aujourd’hui, o.c., ibid.
59Ibid., pp. 33 - 34.
Déogratias
SEBUNUMA : Psychologue
clinicien - Auteur
Titulaire du Doctorat de "Recherche
en psychopathologie fondamentale et psychanalyse".
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La compulsion de répétition dans les violences collectives Cet ouvrage est disponible auprès de l'Atelier National de Reproduction des Thèses (ANRT) - Lille 3, France.
Rwanda : crise identitaire et violence collective Cet ouvrage est désormais édité par les EDITIONS UMUSOZO.