ÉDITIONS UMUSOZO

RWANDA : LA CONCEPTION DU TEMPS ET DE L'HISTOIRE1


Nos différentes hypothèses seront étayées par les observations scientifiques du chercheur L. De Heusch sur les « mythes bantou » :


« Ce n'est pas par hasard que tant de traditions mythiques, en Afrique occidentale comme en Afrique centrale, présentent le fondateur de la royauté comme un chasseur étranger, détenteur d'une magie plus efficace (…). Quelle que soit l'origine historique de cette institution politico-symbolique, la diachronie mythique fait toujours intervenir des événement extérieurs, que le bruit des armes les accompagne ou non. La royauté apparaît d'abord comme une révolution idéologique, dont la société ancienne n'ignore pas les dangers (…). La prétention à gouverner et à contrôler la nature est émise chez les Pende par un « clan noble » qui s'affirme distinct des autres groupes de parenté : il aurait amené le principal attribut du pouvoir magique sur la nature, le kifumu, d'une lointaine patrie d'origine. La souveraineté, la source magique du pouvoir, vient toujours d'ailleurs, d'un prétendu lieu originel, extérieur à la société (…). Les Luba du Zaïre situent ce lieu extérieur dans le ciel. Le héros fondateur qui apporte une nouvelle conception de la royauté est un chasseur, c'est-à-dire un être déterritorialisé. Le souverain luba s'affirme comme l'héritier ambigu de ce héros céleste aux mœurs raffinées et d'un ancien roi autochtone qui abusait de l'inceste comme du pouvoir. Il s'accouple en secret au moment de son avènement avec sa mère et ses sœurs dans une hutte sans porte ni fenêtre, qualifiée de « maison du malheur ». Cet édifice fermé, sans ouverture sur le monde extérieur, est symboliquement coupé du circuit de l'échange exogamique. Il est par excellence le lieu de la transcendance maudite, le lieu où s'acquiert la sacralité du pouvoir comme élément étranger à la société.


Cette opposition entre le ciel, d'où vient la royauté et une première forme de pouvoir, enracinée dans la terre, nous allons la retrouver au cœur de la pensée mythique du Rwanda. La transcendance céleste du souverain est clairement affirmée cette fois par le mythe d'origine. L'inceste rituel, que les rois luba réalisent lors de leur intronisation, apparaît au Rwanda sous deux formes : la réunion de la mère et du fils, d'une part, l'endogamie du lignage royal, de l'autre. Le protocole royal, les interdits, étaient de la plus grande rigidité ».2


L'auteur poursuit son observation sur les piliers de la royauté au Rwanda : « Pour en savoir davantage, il faut analyser attentivement l'ensemble des récits dynastiques à vocation historique qui constituent l'un des genres majeurs de la littérature orale (…) ; il faut aussi tenter de découvrir l'organisation symbolique du Code ésotérique de la royauté. Établissons d'abord le statut de ce « texte ». Le rituel royal (ubwiru) se compose de dix-huit morceaux, appelés « voies », dont seul le dernier demeure inconnu. La transmission intégrale de ce savoir était confiée à la mémoire de quatre hauts dignitaires. Les autres membres du collège abiru en connaissent seulement un fragment. Ces charges étaient héréditaires. Trois abiru portaient le titre de « rois rituels ». Le souverain organisait des séances de récitation et tout manquement de mémoire était payé du prix de la vie, à moins que le ritualiste défaillant ne puisse présenter un parent plus qualifié. La parfaite connaissance des rituels royaux était, en effet, vitale pour la survie du pays, identifié au corps même du souverain. Ne disait-on pas que le Rwanda se rétrécirait comme une peau de chagrin si le souverain ployait les genoux ? Une tradition orale invérifiable rapporte aussi que l'émissaire de l'empire allemand avait trop vigoureusement serré la main du roi lors de leur première entrevue ; celui-ci aurait dit à son interlocuteur, non sans une remarquable prescience de l'avenir : « Vous avez fait trembler la terre du Rwanda ».3


1. La dynastie : du mythe des « origines célestes »
à « la domination terrestre »


« Toute l'histoire dynastique, traduite en termes symboliques, apparaît (…) comme la perpétuelle recherche d'un équilibre entre la Terre et le Ciel, entre les fonctions politiques et mystiques de la royauté ». L'auteur en résume les points essentiels :


« Les deux premières séries dynastiques sont fondées sur une symétrie inverse. Les ancêtres « tombés du ciel » finissent par s'enraciner de telle sorte que Gihanga, le premier « roi de la ceinture », puisse fonder la royauté terrestre, apporter la prospérité économique. Mais deux rois de cette seconde série renouent discrètement avec le ciel par leur mariage, dotant le dernier souverain, Samukondo, d'un nombril céleste. Bwimba inaugure la troisième série, celle des rois « historiques ». A partir de ce moment les chroniques se font plus abondantes et les événements se précisent. La toile de fond est constituée par les luttes que ces souverains mènent contre de petits États voisins, d'une part, des envahisseurs venus du nord, d'autre part. Les revers se multiplient, et nous n'avons nulle raison de contester l'historicité de ces événements. Le fait remarquable est que le travail symbolique mis en œuvre à propos des deux séries précédentes se poursuit. Cette période agitée sert de prétexte à la mise en place des trois dernières fonctions de la royauté sacrée selon un schéma structural.


« La série des rois « historiques » se construit en effet sur une opposition rigoureuse entre Ruganzu Ier (Bwimba) qui l'inaugure par le sacrifice salvateur de sa personne, et Ruganzu II (Ndori) qui la termine par ses exploits guerriers. Si Bwimba est un roi mystique et passif, Ndori est le restaurateur actif de l'État. Mais (…) le même dualisme fondamental se retrouve dans les propriétés symboliques opposées de Kigwa, le fondateur céleste de la dynastie, et Gihanga, le premier roi de la ceinture, qui dote la royauté de ses assises terrestres ».4


Selon L. De Heusch, il y eut une évolution dans la conception du pouvoir au sein même de la dynastie rwandaise d'après le récit des événements historiques :


« Né d'un cœur de vache au ciel, Kigwa est associé à une fonction religieuse éminente, la consultation divinatoire pratiquée au moyen des animaux témoins du ciel. Roi mystique du sacrifice, Ruganzu Bwimba renonce symboliquement à son cordon ombilical terrestre et renoue avec l'origine céleste de l'ancêtre. Gihanga, le premier souverain véritablement enraciné, fonde la royauté terrestre en introduisant les techniques, la richesse bovine et la fécondité. Ruganzu Ndori reprend cette fonction économique en charge sur le mode magique, en l'affermissant sur le plan politique : il symbolise la fonction guerrière.


La structure ternaire du découpage historico-mythique est véritablement dialectique. Au sein de chaque série dynastique une opposition se dessine entre le premier et le dernier terme. En outre le souverain qui inaugure la seconde série (Gihanga) s'oppose à celui qui inaugure la première (Kigwa), comme les fonctions terrestres aux fonctions célestes. L'ensemble de ces données est reprise à l'intérieur de la série des « rois historiques ».5


Cette dernière observation de l'auteur introduit un chapitre de son ouvrage qui va retenir notre attention : « De l'histoire sérielle à l'histoire cyclique : le drame rituel (Rwanda) ».6


Selon L. De Heusch, dans l'histoire du Rwanda, le roi Ruganzu Ndori a introduit « pour la première fois la périodicité saisonnière dans le temps historico-mythique . On enregistre alors un phénomène remarquable. Le successeur du roi magicien et conquérant impose au déroulement historique un rythme cyclique de grande amplitude : ritualiste par excellence, Muyenzi (…) mûrit une réforme institutionnelle impressionnante ».7


L'auteur poursuit : « Jusqu'à présent l'histoire avait progressé de manière linéaire. Kigwa inaugure la série des rois « tombés du ciel », Gihanga celle des « rois de la ceinture », Bwimba celle des « rois historiques ». Chacun de ces souverains « tête de liste » apporte une pierre nouvelle à l'édifice symbolique de la royauté. Après la mort dramatique de Ruganzu Ndori, dernier souverain de la troisième série, son fils instaure l'histoire répétitive, le perpétuel recommencement d'une structure temporelle fixée une fois pour toutes par l'action magique du rituel. Ce projet, qui fut probablement inauguré au XVII siècle (chronologie Vansina), résistera aux guerres et aux troubles intérieurs provoqués par la résistance hutu, jusqu'en 1959-60. A cette époque une révolte paysanne de grande envergure condamne le dernier roi du Rwanda, Kigeli V, à l'exil et la monarchie à l'effondrement ».8


La suite des observations de L. De Heusch permet de comprendre, avec plus de précision, l'origine de la structure administrative actuelle du Rwanda et le caractère sacré du pouvoir :


« En prenant comme nom de règne Mutara, le fils de Ruganzu Ndori décide d'éliminer à l'avenir de l'onomastique royale le souvenir des rois qui connurent une fin tragique : Ruganzu et Ndahiro. Il ne restait plus dans la liste des « rois historiques » que Cyirima, Kigeri, Mibambwe et Yuhi (…). Ceux qui ont été conservés se succéderont désormais dans un ordre cyclique immuable : l'action de deux rois mystiques complétera celle de deux rois guerriers. Le cycle commence par un roi vacher qui porte en alternance le nom de Mutara et de Cyirima. Celui-ci se consacre principalement à la prospérité du bétail et à la fécondité. Deux rois voués aux activités militaires, Kigeri et Mibambwe, lui succèdent. Le cycle s'achève par un nouveau roi mystique, le roi du feu, Yuhi ».9


Voici le « cycle dynastique » au Rwanda selon L. De Heusch :10


1. Mutara (ou Cyririma) : roi vacher

2. Kigeri : roi guerrier

3. Mibambwe : roi guerrier

4. Yuhi : roi du feu


Ainsi, « en codifiant la succession des noms dynastiques et les fonctions spécifiques qui s'y attachent, Mutara I er confère à la royauté sacrée une puissance mythique récurrente. Tout se passe comme si le rythme saisonnier que connote le règne de ses deux prédécesseurs se trouvait brusquement élargi à la dimension séculaire pour mieux assurer la maîtrise de la nature et des hommes. »11


Après avoir démontré la continuité du lien historique entre l'ancienne « succession linéaire » au trône et la nouvelle « dynastie cyclique », L. De Heusch propose une analyse approfondie des institutions politiques traditionnelles au Rwanda :


« On ne trouve jamais dans les descriptions minutieuses et sèches, presque maniaques, du Code ésotérique, de référence directe aux héros de l'histoire dynastique. Le secret qui entourait la transmission orale de cet imposant corpus avait été jalousement gardé jusqu'en 1945. C'est à cette époque que l'abbé Kagame obtint du roi Mutara III l'autorisation de recueillir la tradition orale de la bouche des Abiru. Kagame fut lui-même impressionné par l'incroyable profusion de détails technologiques, de gestes précis donnés sans commentaire, dans une forme littéraire rigoureuse, n'admettant aucun trou de mémoire. Dix Abiru déclamèrent les dix-huit « voies » de ce poème considérable comportant des milliers de versets. Tantôt ils les récitèrent « en chœur, telle une formule de prière », tantôt deux groupes se relayaient. Pour faciliter la dictée, les Abiru désignèrent trois d'entre eux, qui prirent la parole à tour de rôle. Si l'orateur commettait la moindre faute, ses collègues l'arrêtaient aussitôt et rectifiaient le passage ».12


Selon L. De Heusch, « l'Ubwiru exprime vigoureusement deux fonctions majeures de la royauté : le maintien de la fécondité et de la prospérité économique, d'une part, la conduite de la guerre, d'autre part. Mais on y trouve aussi évoquées à maintes reprises les autres fonctions royales (…) du tissu mythique. La divination par les entrailles des taurillons (…) est exercée à la cour par des spécialistes qui sont recrutés dans un sous-clan ega, les Kongori ; les acolytes qui procèdent à l'abattage des animaux et à la préparation du repas sacrificiel sont des Hutu qualifiés d'« inattaquables » parce qu'ils relèvent directement de l'autorité du roi. Celui-ci est intimement associé au sacrifice par sa salive. En diverses occasions, les tambours royaux étaient aspergés du sang des victimes. Cette fonction divinatoire témoigne de l'origine céleste de la dynastie. Le sacrifice de la personne royale (dont Bwimba fut l'initiateur) est évoqué dans le rituel d'intronisation, mais cette fonction ne sera pas assumée par le roi en personne ; un « libérateur » était désigné par les devins pour représenter le roi et se porter seul au-devant de l'ennemi lors d'une bataille décisive ».13


2. « La mort des rois et le destin de l'univers »


Les observations de L. De Heusch sur « la mort des rois » et son influence sur « le destin de l'univers » concernent l'actualité du Rwanda d'aujourd'hui :


« Le plan idéal établi par Mutara Ier, l'inventeur de l'histoire cyclique, a-t-il été réellement appliqué ? Il ne pouvait évidemment pas l'être et tous ses successeurs, guerriers ou non guerriers, se signalent par quelque exploit militaire. La façon dont les poèmes dynastiques relatent les diverses péripéties des règnes mérite cependant la plus grande attention. On y retrouve, en effet, quelques unes des aspirations profondes du discours idéologique » :14


L'auteur commence par l'examen du « destin des rois guerriers » en particulier :


« Tous les Kigeri furent, comme leurs homologues paradigmatiques, de grands conquérants. Le cas de Mibambwe est plus curieux. (…) Le paradigme mythique, Mibambwe Mutabazi, se voit attribuer la qualité de Libérateur pour des raisons peu claires. Au cours de l'attaque des Nyoro, Mibambwe Mutabazi subit coup sur coup une série de défaites que la tradition orale ne dissimule nullement. Ce guerrier fut blessé d'une flèche au front lors d'une bataille et « son sang fut considéré comme le facteur décisif de la victoire, d'où son surnom de Mutabazi (Libérateur) ». L'auteur cite ensuite le cas de ses « homologues » suivants, à savoir Mibambwe II et III : le premier aurait sauvé le pays en récupérant le bétail dont s'était emparé le roi du Burundi par la force. Car, dans ce contexte, une partie du pays allait être annexée par l'ennemi. Le second devint Libérateur par sa mort :


« Après avoir conquis une partie du Bugesera, il mourut de la petite vérole au terme d'un bref règne. Il fut considéré comme Libérateur défensif, comme s'il s'était volontairement sacrifié pour mettre fin à l'épidémie qui l'avait emporté ».


Selon L. De Heusch, « le même cliché parcourt le règne des trois Mibambwe sous des formes différentes : dans le premier et le troisième cas le roi est censé s'être sacrifié symboliquement pour sauver le pays d'une menace militaire ou pour délivrer le pays d'une épidémie ; dans le second, l'image du roi ennemi assommé renverse la fonction du sacrifice : si son sang avait été versé sur le sol du Rwanda, il aurait fait figure de Libérateur offensif et une partie du pays aurait été annexée ». Pour cela, « les rois Mibambwe apparaissent de manière privilégiée comme des Libérateurs défensifs ; ils sont censés exercer la fonction sacrificielle de Bwimba. Or ce souverain meurt dans la force de l'âge, immédiatement après avoir reconnu comme héritier le fils qui vient de naître (…). Il s'efface devant son fils dès que celui-ci est devenu adulte. Ce jeune roi est le Yuhi paradigmatique du Code rituel, dont la fonction est de régénérer la royauté, de mettre fin au malheur (voie de feu).


Un homme jeune (voire un nouveau-né...), promis à une longue vie, succède donc à un Mibambwe dont la vie se voit abrégée, et qui est théoriquement voué à se sacrifier. Certes les traditions affirment que Mibambwe Ier mourut à un âge avancé, mais on se souviendra que ses femmes estiment qu'il a trop longtemps régné et elles le pressent de s'effacer au profit de l'un de ses fils (…).


Par conséquent, il se confirme que la grande césure rituelle s'instaure bien entre le roi Mibambwe et le roi Yuhi, dont le règne est mystiquement associé à une nouvelle ère de prospérité. (…) Ceci nous amène à poser le problème du régicide rituel dans une perspective nouvelle. Les rois Mibambwe, par qui s'achève le cycle dynastique, doivent mourir jeune soit en versant leur sang sur le sol ennemi, soit en absorbant le poison. En revanche, leurs fis Yuhi, rois du recommencement, se voient normalement attribuer une très longue vie : ils atteignent, dit le dernier verset de la voie du feu, « une vieillesse extrême ». La voie de l'abreuvage, de son côté, accorde le même destin à Mutara ».15


L. De Heusch étaye ses observations par d'autres exemples historiques plus récents :


« (…) Mibambwe III Sentabyo mourut à la fin du XVIIIe siècle « à l'âge appelé umusore w'igihame = jeune homme vigoureux, soit de vingt-cinq à trente ans », après un règne de cinq ans ; son fils Yuhi Gahindiro mourut « à l'âge appelé umukambwe, soit soixante-cinq à soixante-quinze ans », après un règne qui remplit toute sa vie puisqu'il fut intronisé alors qu'il était âgé à peine de quelques mois ; le fils de Yuhi, Mutara Rwogera, mourut « à l'âge appelé ijigija = homme mûr, soit de cinquante-cinq à soixante-cinq ans », mais cette mort était prématurée puisqu'il ne put accomplir la voie de l'abreuvage ; Kigeli Rwabugiri, son fils, fut intronisé en 1853, alors qu'il était un « enfant qui porte encore ses vêtements en bandoulière » (entre dix et quatorze ans) ; il régna, comme son père, jusqu'à l'âge mûr (ijigija). Le sort du dernier Mibambwe qui lui succéda (Rutarindwa) répète, en revanche, sur un mode encore plus dramatique, le sort de son quatrième prédécesseur : il ne régna qu'un an et fut assassiné dans une tragédie de palais en 1896.


On ne négligera certes pas la part des vicissitudes historiques. Mais derrière ces aléas de la fortune, les traditions des deux derniers siècles laissent percevoir un plan rituel réglant le temps de vie imparti aux rois. En tout état de cause, la disparition du monarque n'est jamais considérée comme naturelle ; elle est imputée à l'empoisonnement ou l'action de la sorcellerie. Le rituel d'intronisation prévoit un sacrifice humain pour venger la mort du roi, attribuée aux maléfices des ennemis extérieurs ».16


A propos de la mort des rois au Rwanda, L. De Heusch poursuit : La « voie de l'inconvenance », « qui décrit les funérailles du roi, commence par une formule énigmatique » selon l'auteur :


« Lorsque la situation est devenue normale, c'est-à-dire que le roi est mort... » Selon le même auteur, « Coupez et Kamanzi proposent l'exégèse suivante : «... Si le roi vieillit, le Rwanda s'affaiblit avec lui : la situation se normalise par l'intronisation d'un successeur jeune et vigoureux. » Là-dessus, L. De Heusch se demande : « Mais si l'« anormalité » est l'âge avancé des rois, comment les ritualistes n'y remédieraient-ils pas ? La voie de l'inconvenance suggère discrètement le suicide du roi si la sorcellerie des ennemis ou une intrigue de palais ne s'est pas chargée de le faire disparaître. C'est ce qu'indique aussi le comportement des femmes de Mibambwe Ier qui pressent leur mari de s'effacer au profit de son successeur (…) ».17


Toutes ces observations sur les « rituels » liés à la mort du roi et sa succession nous renseignent sur les facteurs culturels qui sur-déterminent la survenue des violences collectives au Rwanda lorsqu'il y a vacation du pouvoir.


1 © SEBUNUMA D., Communautarisme et autochtonie – Du cas du Rwanda à l'universel, Paris, Éditions Umusozo, 2013.

2 DE HEUSCH L., Mythes et rites bantous II, Rois nés d'un cœur de vache, Paris, Gallimard, 1982.

3 Ibid.

4 Ibid.

5 Ibid.

6 Ibid.

7 Ibid.

8 Ibid.

9 Ibid.

10 Ibid.

11 Ibid.

12 Ibid.

13 Ibid.

14 Ibid.

15 Ibid.

16 Ibid.

17 Ibid.

Pineapple

Déogratias SEBUNUMA : Psychologue clinicien - Auteur


Titulaire du Doctorat de "Recherche en psychopathologie fondamentale et psychanalyse".

Pineapple

Psychopathologie Descriptive II : essais sur les génocides sociocides


Synthèse


Commander

Pineapple

Le jugement de l'histoire : effets du néocolonialisme multinational au Rwanda


Synthèse


Commander

Pineapple

Le génocide au Rwanda : postures et impostures génocidaires


Synthèse


Commander

Pineapple

Essai sur l'autosuggestion


Synthèse


Commander

Pineapple

Psychopathologie descriptive I : Essais sur les violences collectives


Synthèse


Commander

Pineapple

Communautarisme et autochtonie – Du cas du Rwanda à l'universel


Synthèse


Commander

Pineapple

Rwanda : crimes d'honneur et influences régionales


Synthèse


Commander

Pineapple

Rwanda : crise identitaire et violence collective


Synthèse


Commander

Pineapple

La compulsion de répétition dans les violences collectives


Synthèse


Commander

Pineapple

La compulsion de répétition dans les violences collectives


Cet ouvrage est disponible auprès de l'Atelier National de Reproduction des Thèses (ANRT) - Lille 3, France.

Pineapple

Rwanda : crise identitaire et violence collective


Cet ouvrage est désormais édité par les EDITIONS UMUSOZO.