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ACTING OUT OU « PASSAGE À L'ACTE »1
Dans la présente recherche, le passage à l'acte collectif concerne avant tout le phénomène de groupe, la violence identitaire collective. D'où la notion de la « ‘maladie’ de la mémoire » - ou « maladie historique » - qui se caractériserait par « un trop de mémoire » et/ou par un « défaut de mémoire. » 2
L'Acting out ou passage à l'acte3 est le « trait dominant des personnalités psychopathiques mais pouvant également survenir sur toute forme d'organisation psychique qui représente un mode de résolution de la tension liée à un conflit, par une décharge immédiate venant à la place d'une prise de conscience ou d'une élaboration mentale. » 4
Rappel : selon P. Ricœur, « on a vu la compulsion de répétition (...) se substituer au souvenir, l’irruption « au lieu » du souvenir. C’est sur cette compulsion de répétition que l’on pourrait greffer l’oubli de fuite, la stratégie d’évitement, l’entreprise de mauvaise foi, qui font de l’oubli actif-passif une entreprise perverse. » 5
Ainsi, « ce qui, dans l’expérience historique, fait figure de paradoxe, à savoir trop de mémoire ici, pas assez de mémoire là, se laisse réinterpréter sous les catégories de résistance, de compulsion de répétition, et finalement se trouve soumis à l’épreuve du difficile travail de remémoration. Le trop de mémoire rappelle particulièrement la compulsion de répétition, dont Freud nous dit qu’elle conduit à substituer le passage à l’acte au souvenir véritable par lequel le présent serait réconcilié avec le passé (…). Si tel est le cas, alors le trop peu de mémoire relève de la même réinterprétation. Ce que les uns cultivent avec délectation morose, et ce que les autres fuient avec mauvaise conscience, c’est la même mémoire-répétition. Les uns aiment s’y perdre, les autres ont peur d’y être engloutis. »6
1© SEBUNUMA D., La compulsion de répétition dans les violences collectives, thèse de Doctorat soutenue le 25 février 2011 à l'Université Paris Diderot - Paris7, publiée à l'Université Lille3, Atelier National de Reproduction des Thèses, 2012 ; puis aux Éditions Umusozo, Paris, 2013.
2RICŒUR P., article « Le pardon peut-il guérir ? », in Revue Esprit, mars-avril 1995, n° 210, pp. 77 – 82.
3Ibid.
4GUELFI J. D. (sous la direction de), Psychiatrie, Paris, Masson, 1987, p. 349.
5Ibid.
6RICŒUR P., La Mémoire, l’Histoire, l’Oubli , Paris, Seuil, 2000, p. 96.
Déogratias
SEBUNUMA : Psychologue
clinicien - Auteur
Titulaire du Doctorat de "Recherche
en psychopathologie fondamentale et psychanalyse".
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La compulsion de répétition dans les violences collectives Cet ouvrage est disponible auprès de l'Atelier National de Reproduction des Thèses (ANRT) - Lille 3, France.
Rwanda : crise identitaire et violence collective Cet ouvrage est désormais édité par les EDITIONS UMUSOZO.